On associe souvent le surf à la Californie ou à l’Australie. Pourtant, bien avant les combinaisons en néoprène et les planches en mousse, les Hawaïens glissaient déjà sur des planches en bois de koa, taillées à la main. Une tradition que le Finistère n’a pas oubliée, grâce à des artisans comme Victor Khatchadourian.
Victor, l’ébéniste qui façonne des planches de surf en bois
Dans son atelier d’Edune, à quelques kilomètres de Pont-l’Abbé, ce surfeur passionné allie deux univers : la conception architecturale et l’ébénisterie. Il conçoit des planches en bois massif, souvent en lamellé-collé, avec une attention minutieuse pour le choix des essences. Chaque planche est singulière, car le bois possède ses propres veines, ses propres réactions à l’humidité et à la pression. Victor flatte la matière sans chercher à la dompter.
Un retour aux sources du surf
Le bois n’est pas un simple clin d’œil au passé. C’est une réponse concrète aux enjeux environnementaux de 2026. Les planches classiques en polyuréthane restent très polluantes, de la fabrication au recyclage. Le bois, lui, provient de forêts gérées durablement et peut connaître une seconde vie. Surfer sur une planche en bois, c’est renouer avec une glisse plus proche de l’océan. Victor le martèle : on ne subit pas la vague, on la comprend.
En Bretagne, la scène du surf en bois s’organise
Victor n’est pas un cas isolé. À Plougoulm, Alan Rozec a lancé Lumberjacks Father & Son, une autre marque de planches en bois. Le mouvement gagne les spots bretons, de la Torche à Plouharnel. Les clubs locaux s’y mettent, et les surfeurs commencent à échanger leurs bonnes adresses. Victor est d’ailleurs trésorier du Salty Surf Club, un club qui soutient les riders de la région. Son rôle ? Donner un coup de main à l’organisation et défendre une glisse plus responsable.
Les acteurs qui font bouger la scène
En 2026, l’histoire du surf breton est enfin racontée. Le réalisateur Christian Roche, après Les enfants de la baille consacré à la surfeuse Maëlys Jouault, s’est intéressé aux premiers riders bretons. Son documentaire Légendaires revient sur ces pionniers qui ont défié les vagues froides de l’Atlantique avec des planches lourdes et parfois fragiles. Une belle façon de mesurer le chemin parcouru, et de comprendre que le bois et la Bretagne, c’est une très vieille histoire.
Voici les figures incontournables de ce renouveau :
– 🌊 Victor Khatchadourian et son atelier d’Edune, près de Pont-l’Abbé
– 🏄 Alan Rozec avec Lumberjacks Father & Son, à Plougoulm
– 🎥 Christian Roche, réalisateur de Légendaires, sur les traces des pionniers bretons
– 🤙 Le Salty Surf Club, dont Victor est trésorier et animateur
Quel avenir pour les planches en bois ?
Le bois a longtemps été jugé capricieux. Les shapers lui préféraient la mousse, plus facile à modeler. Mais les techniques ont évolué. Le lamellé-collé et les résines biosourcées apportent aujourd’hui une belle tenue dans la vague. Victor le constate chaque jour dans son atelier : les surfeurs reviennent vers le bois, souvent par curiosité, puis par conviction.
Imagine la sensation : un surf qui suit les mouvements de l’eau, qui demande un engagement physique, qui se fait presque oublier. Le bois n’est pas un effet de mode. C’est une manière de dire que la performance peut rimer avec respect, et que les origines du surf ont encore de beaux jours devant elles. Alors, prêt à enfourcher une planche en bois ? Le Finistère n’attend que toi.

Ancien plumitif de plusieurs magazines spécialisés en glisse, Nicolas Thomas a fondé Actu Surf en 2024 pour proposer un média indépendant, sincère et exigeant. Quinze ans à arpenter les line-ups français et les rédactions parisiennes lui ont laissé une conviction simple : on ne ment pas à des surfeurs. Le marketing des marques n’a pas sa place ici. Les tests matos sont menés en mer, sur plusieurs sessions, sans complaisance. Les portraits sont écrits après plusieurs rencontres, jamais sur fiche presse. L’actualité est vérifiée avant publication.