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Cancer du sein : une monitrice de surf puise force et guérison dans les vagues et l’esprit de la glisse

découvrez comment une monitrice de surf affronte le cancer du sein en trouvant force et guérison dans les vagues et la passion de la glisse.

Cancer du sein et surf-thérapie : comment une monitrice transforme les vagues en espace de reconstruction 💗🏄‍♀️

Sur la plage centrale de Lacanau, une scène revient souvent : une monitrice qui enchaîne les cours, ajuste des leashs, rassure d’un mot simple, puis lance un « on y va » qui met tout le monde en mouvement. Pauline Kojfer-Lomont, 26 ans, fait partie de ces personnes qu’on repère vite. Pas seulement pour l’énergie, mais pour l’intention. Son idée est claire : utiliser l’océan comme un terrain de reprise de confiance pour des femmes touchées par un cancer du sein.

Le projet porte un nom direct : « Surf Santé ». Dans son club, le Lacanau Surf Club, elle a ouvert ce créneau pour que des participantes en traitement ou en rémission puissent venir glisser sans pression. La règle du lieu est simple : la performance n’a pas la priorité. Oui, on apprend à ramer, à se redresser, à choisir une vague. Mais l’objectif réel se joue souvent ailleurs : retrouver l’envie, le souffle, et une sensation de corps « habitable » après les opérations, les cicatrices, ou la fatigue qui colle à la peau.

Ce qui frappe dans cette démarche, c’est le changement de décor. Le parcours médical se déroule sous néons, entre rendez-vous et examens. Ici, le cadre est ouvert, bruyant, vivant. Le froid de l’eau surprend, l’odeur de l’iode réveille. Et quand la planche se met à glisser, même sur une petite mousse, il se passe quelque chose. Une réussite minuscule devient un événement. Une vague suffit parfois à faire basculer la journée du bon côté.

Pour rendre cette pratique possible, Pauline a choisi un format réaliste : trois séances par mois, des groupes réduits (souvent 3 à 5 participantes), et un tarif solidaire à 15 €. Ce choix n’a rien d’un détail. Avec des traitements qui varient, des douleurs qui se réveillent, des drains, une mobilité limitée après chirurgie, on ne pilote pas une séance comme un cours classique du samedi matin. La petite taille du groupe permet d’écouter et d’ajuster sans mettre qui que ce soit en difficulté.

Avant d’entrer dans l’eau, la monitrice démarre souvent par une question très concrète : « quelle est la météo du jour ? » Pas celle du vent, celle du corps et du moral. Fatigue, appréhension, tension dans l’épaule, peau sensible, sommeil haché… tout compte. Ensuite, la séance se module : surf quand c’est possible, sinon bodyboard ou paddle, selon l’énergie et l’équilibre. Le principe est simple : on garde le plaisir comme boussole, et on évite la mise en échec.

Cette approche n’est pas tombée du ciel. Pauline s’est formée via une formation « Surf Santé » suivie à Bayonne, portée par l’Association nationale surf santé. Elle a son BPJEPS depuis 2020, et elle continue d’accumuler des compétences : préparation mentale, handisurf, pédagogie adaptée. Ce détail compte : il y a une différence entre « faire surfer » et accompagner. Dans ce type de public, le moindre mot peut peser, et le moindre exercice mal choisi peut fermer une porte. Ici, l’encadrement sert à ouvrir, pas à tester.

Un autre point fait mouche : dans l’eau, les statuts s’effacent. Pas de blouse, pas d’étiquette, pas de regard lourd. Une combinaison, une planche, et l’océan qui remet tout le monde au même niveau. cela ne guérit pas une maladie, bien sûr. Mais ça peut réparer une relation au corps, et c’est déjà énorme. La section suivante va justement entrer dans le concret : comment une séance s’organise, et pourquoi les petites décisions font toute la différence.

Surf Santé à Lacanau : une pratique adaptée au cancer du sein, du vestiaire à la première vague 🌊

Une séance de surf pour des femmes touchées par un cancer du sein ne commence pas avec la pagaie des bras. Elle commence bien avant, au moment où il faut enfiler la combinaison, porter la planche, accepter le regard des autres sur une cicatrice ou une asymétrie. C’est souvent là que le vrai défi se cache. Pauline l’a compris vite : l’accueil, le ton, la patience, ce sont des outils pédagogiques à part entière.

Le vestiaire devient un endroit sensible. Certaines participantes ont une prothèse externe, d’autres une reconstruction, d’autres encore sont en période de soins et vivent une image d’elles-mêmes très instable. Une remarque maladroite, une blague mal placée, et la séance peut se refermer comme une porte. Dans « Surf Santé », la consigne implicite est simple : on laisse chacun gérer son rythme. Et si quelqu’un garde son poncho plus longtemps, personne ne commente. Ce climat fait gagner du temps ensuite, parce qu’il installe la confiance.

4 clés pour une séance de surf adaptée
  • Commencer par un check

    Demander « quelle est la météo du jour ? » pour évaluer fatigue, douleurs et moral avant d'entrer dans l'eau.

  • Groupes très réduits

    3 à 5 participantes maximum pour écouter chacune et ajuster la séance en temps réel.

  • Adapter la pratique

    Surf, bodyboard ou paddle selon l'énergie et l'équilibre du moment. Le plaisir reste la boussole.

  • Tarif solidaire

    15 € la séance pour que le budget ne soit pas un frein. La priorité, c'est l'accompagnement, pas le profit.

Adapter sans infantiliser : le vrai savoir-faire d’une monitrice de surf

Adapter ne veut pas dire simplifier à l’extrême. Ça veut dire choisir la bonne contrainte. Une participante peut être sportive mais limitée au niveau d’un bras, à cause d’un curage axillaire ou d’une gêne lymphatique. Une autre peut avoir une grande mobilité mais un souffle court, à cause d’une chimio récente. La même consigne de rame ne peut pas fonctionner pour tout le monde.

Une séance peut alors s’organiser autour de micro-objectifs. Par exemple : entrer dans l’eau sans stress, s’allonger sur la planche sans douleur, passer la petite barre, sentir la glisse sur une mousse. C’est modeste ? Oui, et c’est souvent pile ce qu’il faut. Parce que le cerveau adore les preuves : une petite réussite aujourd’hui, c’est une permission de revenir demain.

Le plaisir avant tout : pourquoi la performance est un piège après les traitements

Dans le sport, on entend vite « vas-y, pousse, dépasse-toi ». Dans ce contexte, cette phrase peut faire mal. Pas par fragilité, mais parce qu’elle remet la personne dans une logique de jugement. Or, après un parcours médical, beaucoup ont déjà le sentiment d’être évaluées en permanence : résultats, marqueurs, rendez-vous, effets secondaires. Le surf, ici, sert à sortir de ce couloir.

Pauline répète une idée qui fait du bien : « on s’en fout de la perf ». Ce n’est pas un slogan anti-sport. C’est un garde-fou. Une femme qui se met debout après trois essais peut ressentir plus de fierté qu’un compétiteur qui enchaîne dix take-offs. Pourquoi ? Parce que le geste contient une histoire : douleurs, peur de tomber, fatigue, regard sur soi. Et quand ça passe, même deux secondes, l’émotion est entière.

Pour garder cette dynamique, les supports changent selon les conditions : surf, bodyboard, paddle. Ce choix est intelligent : il permet de continuer à glisser même quand le corps n’est pas au rendez-vous. Sur une journée où l’épaule tire, le bodyboard peut donner la sensation de vitesse sans exiger le même appui. Sur une mer plus calme, le paddle offre un travail d’équilibre doux et un déplacement qui apaise.

Une étude américaine souvent citée ces derniers mois dans les discussions sport-santé (sur des patientes suivies après chirurgie) rappelle un point simple : la reprise encadrée améliore vite mobilité et qualité de vie, parfois dès les premières semaines quand elle est progressive et bien dosée. Le message n’est pas « foncer », c’est « ne pas rester figée ». Dans l’eau, cette progression se voit sans discours : une participante qui n’osait pas passer les genoux dans l’écume la semaine précédente se surprend à aller un peu plus loin.

Une liste simple pour comprendre ce qui rend ces séances efficaces ✅

Le succès de ce type de créneau tient souvent à des détails concrets, pas à de grandes théories. Voici ce qui ressort le plus, séance après séance :

  • 🏄‍♀️ Groupes réduits : moins de pression, plus d’attention, plus de sécurité.
  • 🧠 Check-in “météo du jour” : l’état mental compte autant que l’état physique.
  • 🌊 Matériel modulable (surf/bodyboard/paddle) : on garde la glisse même les jours “sans”.
  • 🤝 Cadre bienveillant : aucune remarque sur le corps, zéro jugement.
  • 🎯 Objectifs courts : une vague, un sourire, une minute d’énergie retrouvée.

À la fin, beaucoup décrivent le même paradoxe : elles arrivent vidées, elles repartent avec du jus. Le corps a travaillé, oui, mais la tête s’est allégée. Et quand l’énergie revient, une idée commence à germer : si l’océan peut aider à ce point, pourquoi ne pas en faire un moment plus grand, plus collectif, plus festif ? C’est exactement ce que prépare la monitrice pour Octobre Rose.

Octobre Rose à Lacanau : la journée « Vague d’harmonie » pour mêler surf, yoga et lien social 🎗️

Les projets sport-santé tiennent souvent sur une régularité. Une séance, puis une autre, et le corps reprend ses repères. Mais il faut parfois un événement pour donner de l’élan, créer des rencontres, et faire comprendre au grand public que le surf n’est pas réservé aux athlètes. C’est l’idée de la journée « Vague d’harmonie », préparée à Lacanau dans le cadre d’Octobre Rose.

Le principe est généreux et très concret : accueillir 30 à 40 personnes, avec une particularité qui change tout. Chaque femme touchée par un cancer du sein pourrait venir avec un proche : conjoint, enfant, ami. Ce choix est fort, parce qu’il reconnaît une vérité souvent passée sous silence : la maladie ne traverse pas une famille en solitaire. Le proche accompagne, s’inquiète, s’adapte, se fatigue aussi. Lui ouvrir la porte, c’est éviter de le laisser sur le banc, à regarder de loin.

Un programme pensé comme une respiration, pas comme une démonstration sportive

La journée imaginée ne ressemble pas à une compétition, et c’est tant mieux. Le matin, place au surf et à un échauffement accessible, pour mettre le corps en route sans le brusquer. Ensuite, un temps autour du corps et de la danse peut surprendre, mais il a du sens : bouger en musique, c’est souvent retrouver une liberté que les traitements ont grignotée. Une personne qui n’ose plus lever les bras au-dessus de la tête peut y trouver un chemin doux, sans se sentir “en rééducation”.

Le déjeuner partagé joue un rôle social énorme. Ce n’est pas un détail logistique. Autour d’une table, les discussions deviennent simples : les vagues du matin, la peur avant d’entrer dans l’eau, la sensation sur la peau. Et parfois, sans forcer, les parcours se racontent. Le collectif fait baisser la tension. On se rend compte qu’on n’est pas “la seule à”.

L’après-midi est annoncé autour de plusieurs pratiques de yoga. Là encore, ce n’est pas un décor zen pour faire joli. Le yoga, bien guidé, peut aider à respirer mieux, à relâcher un thorax crispé, à redonner de la place aux épaules. Pour une femme qui a eu une chirurgie, retrouver une respiration profonde peut être un vrai tournant. La journée pourrait se terminer sur un petit concert : un moment simple, presque symbolique, pour associer l’océan à autre chose qu’à l’effort.

Les dates envisagées tournent autour du 11 octobre, avec un report possible vers le 17 octobre si les conditions ne sont pas favorables. C’est la réalité de l’Atlantique : on compose avec la mer. Et cette contrainte colle bien au message de fond. Dans le surf, on ne contrôle pas tout. On apprend à attendre, à choisir, à saisir la bonne fenêtre. Beaucoup de participantes y voient un parallèle direct avec le parcours de soin : patience, imprévus, jours avec, jours sans.

Accessibilité : casser l’image “élite” du surf, sans le dénaturer

Quand Pauline dit que le surf est accessible, ce n’est pas une phrase pour faire joli sur une affiche. C’est une bataille culturelle. L’image dominante montre des figures radicales, de grosses vagues, des corps ultra-entraînés. Dans la vraie vie, la majorité des gens surfent sur des vagues modestes, apprennent lentement, tombent souvent, et rient beaucoup. Le surf “santé” remet cette vérité au centre.

Une participante fictive, appelons-la Sarah, 38 ans, mère de deux enfants, a arrêté le sport après une opération, persuadée qu’elle devait “attendre d’aller mieux”. Elle vient à Lacanau en se disant qu’elle restera sur le sable. Finalement elle met un pied dans l’eau, puis deux. La première glisse se fait allongée, sur une mousse. Elle ressort avec une phrase simple : « j’ai senti mon corps vivant ». Ce genre de phrase vaut plus que n’importe quel chrono.

La suite logique, c’est la question des moyens. Pour que la journée soit gratuite, il faut financer l’encadrement, la logistique, la communication. Et quand l’idée d’un documentaire se glisse dans le projet, le budget grimpe. Justement, la section suivante rentre dans le nerf de la guerre : partenaires, budget, et modèle durable sans perdre l’âme du projet.

Partenaires, budget et organisation : rendre la glisse gratuite sans perdre l’esprit du Surf Santé 💶🤝

Un événement comme « Vague d’harmonie » ne tient pas sur de la bonne volonté seule. Il y a l’assurance, la sécurité, la rémunération des intervenants, la restauration, la sonorisation, les supports de communication. Même avec un club qui prête ses locaux et une mairie qui soutient, la facture arrive vite. Pauline estime un budget entre 3 000 et 4 000 €, qui peut monter vers 5 000 € si un documentaire est produit autour de la journée.

Ce point mérite d’être dit sans détour : chercher des partenaires, ce n’est pas “faire du business”. C’est garantir que la journée reste ouverte à toutes, sans sélectionner par l’argent. Et c’est cohérent avec l’ADN des séances à 15 €. Le sport-santé doit rester un pont, pas une barrière.

Ce que finance concrètement un projet Surf Santé lors d’un grand rendez-vous

Les dépenses ne sont pas abstraites. Un encadrement surf, ce sont des moniteurs diplômés, un ratio de sécurité, et parfois du matériel supplémentaire. Le yoga et la danse demandent des intervenants formés, capables de proposer des options pour des corps fragilisés. La restauration doit être simple mais correcte, parce qu’un événement qui parle de soin ne peut pas servir n’importe quoi. La communication doit être claire, sans sensationnalisme, avec des mots respectueux.

Un documentaire, s’il est fait avec tact, peut devenir un outil utile : montrer des femmes en mouvement, sans voyeurisme, et donner envie à d’autres clubs de lancer le même type de créneau. En 2026, beaucoup d’initiatives locales existent déjà (surf adapté, sport sur ordonnance, programmes associatifs). Le problème, c’est la visibilité. Un film court peut jouer ce rôle de projecteur, à condition de rester fidèle au terrain.

Tableau : budget type d’une journée « Vague d’harmonie » (ordre de grandeur) 📊

Poste 💼 À quoi ça sert 🎯 Fourchette estimative 💶 Impact pour les participantes 💗
Encadrement surf 🏄‍♀️ Moniteurs, sécurité, organisation des groupes 1 200 à 1 800 € Confiance et pratique adaptée au niveau du jour
Yoga & danse 🧘‍♀️💃 Intervenants, matériel simple, espace 600 à 1 000 € Relâchement et relation au corps plus douce
Restauration 🥗 Déjeuner partagé, eau, collations 400 à 800 € Moment social qui soude le groupe
Assurance & logistique 🛡️ Couverture, autorisations, petit matériel 300 à 600 € Sérénité pour toutes et tous
Communication 📣 Visuels, impressions, relais locaux 300 à 700 € Accès à l’info pour des femmes qui n’osent pas
Documentaire (option) 🎥 Tournage, montage, diffusion 800 à 1 500 € Effet levier pour inspirer d’autres initiatives

Le tableau donne un ordre de grandeur, mais l’essentiel est ailleurs : garder le cap. Quand un partenaire arrive, il peut demander de la visibilité. C’est normal. Mais si la communication devient trop marketing, la confiance se fissure. Le bon équilibre, c’est un soutien discret, une présence respectueuse, et un message centré sur les femmes et leurs proches.

Une autre question revient : qui porte quoi ? Le club prête les locaux, la mairie peut appuyer, mais la coordination reste un travail lourd. Heureusement, Pauline n’est pas novice. Elle gère déjà une section club d’environ 120 adhérents et connaît les contraintes du terrain : météo, planning, matériel, sécurité. Son histoire personnelle aide aussi à comprendre son énergie : originaire de Nouvelle-Calédonie, arrivée en métropole en 2018 pour étudier à Bordeaux, elle a trouvé à Lacanau un point d’ancrage, en lien avec une maison familiale. On sent chez elle le goût des projets concrets, ceux qui se font avec les mains.

Ce modèle peut durer s’il reste simple : des séances régulières, des petits groupes, un événement annuel qui donne de l’élan, et des partenaires qui comprennent qu’ils financent une expérience humaine. La dernière section va ouvrir encore un cran : ce que ce type de programme change dans la tête, dans la relation aux proches, et dans la place du sport dans un parcours de soin.

Guérison, mental et esprit de la glisse : ce que le surf change après un cancer du sein 🧠🌊

Parler de “guérison” demande toujours de la nuance. Le surf ne remplace pas un traitement, et personne de sérieux ne le prétend. Mais il peut jouer un rôle puissant : redonner une place au corps, pas comme un problème à surveiller, mais comme un outil capable de plaisir. Et c’est souvent là que l’esprit de la glisse fait la différence.

Le surf oblige à être présent. Une vague n’attend pas que la tête finisse de ruminer. Il faut regarder, respirer, se placer. Pour des femmes qui ont passé des mois à anticiper des résultats médicaux, cette présence est presque une pause mentale. Une pause qui n’est pas vide : elle est remplie de sensations simples, le froid, le bruit, la mousse, le poids de la planche.

Tomber, recommencer, réussir : une métaphore qui marche parce qu’elle est vécue

Les métaphores, on en entend partout. Ici, elle n’est pas plaquée. Elle se vit. Pour atteindre le large, il faut accepter de se faire repousser, boire la tasse, repartir. Ça ressemble à beaucoup de choses : une annonce difficile, une rechute de moral, une mauvaise nouvelle, puis une reprise. Quand une participante se fait surprendre par une vague et rit malgré tout, ce rire a du sens. Il dit : « je suis encore capable ». C’est brut, c’est simple.

La patience est une autre leçon. Certaines séances semblent “ratées” sur le plan sportif : peu de vagues, fatigue, vent. Et pourtant, la participante repart avec quelque chose : avoir osé venir, avoir mis un pied dans l’eau, avoir partagé un moment. Dans un parcours de cancer du sein, où l’on peut se sentir coincée dans une logique de résultats, ce déplacement est précieux. Il remet de la valeur dans l’effort invisible.

Le rôle des proches : quand la glisse devient un langage commun 👨‍👩‍👧‍👦

Inviter un proche à « Vague d’harmonie » n’est pas un simple geste gentil. C’est une manière de retisser la communication. Dans beaucoup de familles, la maladie crée des silences : pour protéger, pour ne pas inquiéter, pour éviter de craquer. Or, partager une session de surf ou un atelier de yoga donne un sujet commun qui n’est pas médical. On peut parler de la peur d’entrer dans l’eau plutôt que de la peur d’un examen. Et ce détour fait du bien.

Un proche peut aussi comprendre des choses sans discours. Voir la fatigue dans les épaules, la prudence dans les mouvements, puis l’étincelle après une glisse. Il ne s’agit pas d’être spectateur. Il s’agit d’être témoin, et parfois partenaire. Cette présence change l’après-coup à la maison. Le soir, on reparle de la vague, pas seulement du traitement. Ce glissement-là, il compte.

Un fil conducteur : l’histoire de “Lou”, entre prudence et regain d’élan

Dans l’imaginaire du club, une figure revient souvent : appelons-la Lou. Une femme en rémission, sportive avant la maladie, freinée après une opération. Le premier jour, Lou reste en retrait. Elle observe la mer comme on observe une montagne. Pauline ne pousse pas. Elle propose un objectif minimal : marcher dans l’eau, sentir la planche flotter, revenir. La deuxième séance, Lou accepte la mousse. Elle tombe, puis recommence. La troisième, elle se redresse à genoux, puis se lève une seconde. Rien d’extraordinaire pour un surfeur, énorme pour elle.

Ce qui change, ce n’est pas le niveau technique. C’est la phrase qu’on entend après : « je me sens capable ». Le surf devient un terrain d’entraînement à la confiance. Et cette confiance déborde souvent ailleurs : reprendre la marche, oser un cours de danse, dire non à une injonction, demander de l’aide quand il faut. Tout ne se règle pas avec une planche, mais une planche peut rouvrir un espace.

Au fond, l’esprit de la glisse, c’est accepter de ne pas tout contrôler, tout en restant acteur. C’est exactement ce que beaucoup cherchent après un cancer du sein : une vie qui continue, pas “comme avant”, mais avec de la place pour le mouvement, le plaisir et les autres. Et quand une femme sort de l’eau avec la banane, ce n’est pas une anecdote : c’est un signal que le corps et la tête ont trouvé un passage.

Les zones d'ombre éclaircies

C'est quoi exactement le projet Surf Santé à Lacanau ?

Des séances de surf adaptées aux femmes touchées par un cancer du sein, lancées par la monitrice Pauline Kojfer-Lomont. L'idée est d'utiliser l'océan comme un espace de reconstruction, sans pression de performance.

Est-ce qu'il faut savoir surfer pour participer ?

Pas du tout. Les séances s'adaptent au niveau de chacune, et on peut aussi faire du bodyboard ou du paddle selon l'énergie et l'équilibre du moment.

Combien ça coûte et à quelle fréquence ?

Trois séances par mois à 15 € chacune, un tarif solidaire. Les groupes sont petits (3 à 5 personnes) pour que l'accompagnement soit vraiment personnalisé.

Est-ce que c'est sûr avec les cicatrices ou les drains ?

La monitrice pose toujours la question de la « météo du corps » avant d'entrer dans l'eau. En fonction des réponses, elle adapte les exercices pour éviter toute douleur ou mise en difficulté.

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