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En Côte d’Ivoire, la nouvelle génération surfe sur la vague de la passion

En Côte d’Ivoire, la nouvelle génération surfe sur la vague de la passion

Tu te dis que le surf est réservé aux plages californiennes ou aux îles lointaines ? Détrompe-toi. En Côte d’Ivoire, une jeunesse avide de nouvelles sensations s’est emparée des vagues de l’Atlantique. Ce qui n’était qu’un loisir confidentiel devient un vrai mouvement de fond, porté par des gamins déterminés et des initiatives locales inspirantes.

Nouvelle génération, nouvelle vague : le surf s’impose en Côte d’Ivoire

Prends l’exemple de Rokia, une adolescente d’Assouindé, petit village côtier à l’est d’Abidjan. Il y a quelques mois, elle n’osait même pas s’approcher de l’eau. La faute aux histoires de Mami Wata, cette divinité aquatique que l’on évoque pour tenir les enfants éloignés des courants. Ajoute à cela l’incapacité à nager, partagée par beaucoup d’Ivoiriens, et tu obtiens une peur viscérale.

L’OMS estime qu’environ 1 800 personnes se sont noyées en Côte d’Ivoire en 2021. Un chiffre froid qui explique pourquoi l’océan inspire rarement confiance. Pourtant, Rokia a décidé de renverser la table au début de l’année 2025. Elle est allée voir Souleymane Sidibé, une figure locale du surf, et lui a dit qu’elle voulait apprendre. Aujourd’hui, elle glisse sur les vagues plusieurs fois par semaine.

Assouindé, berceau du surf populaire ivoirien

Imagine une plage où des dizaines d’enfants courent vers l’océan, planches sous le bras. Chaque mercredi, sur la plage de Badro Beach, Souleymane Sidibé organise des cours gratuits pour les jeunes du quartier. Son école, la Souley Surf School, est devenue bien plus qu’un simple club : c’est un lieu où l’on apprend à apprivoiser l’eau, à se dépasser et à croire en soi.

Les gamins viennent des quartiers populaires, parfois sans combinaison ni chaussons. Peu importe. Ils bravent le froid de l’Atlantique et les regards sceptiques des adultes. Ce qui se joue ici dépasse le sport : c’est une reconquête de l’océan, longtemps perçu comme une menace.

Alors, qu’est-ce qui fait courir toute cette jeunesse sur le sable ? Voici quelques éléments de réponse.

– 🌊 La gratuité des leçons, rendue possible par la générosité de Souleymane et de quelques bénévoles.
– 🏄‍♂️ Un littoral immense de plus de 500 kilomètres, aux conditions variées et encore largement inexploité.
– 🧜 L’envie de dépasser les peurs héritées des générations précédentes, en apprivoisant l’océan plutôt qu’en le fuyant.
– 🤝 L’esprit communautaire qui se crée autour des plages, loin des circuits touristiques classiques.
– ⚡ Une énergie brute, portée par des jeunes déterminés à exister sur la carte du surf africain.

Derrière cette ferveur, il y a un manque cruel de moyens. Les planches sont rares, parfois bricolées. Les combinaisons se transmettent de main en main. Mais rien ne semble freiner l’enthousiasme.

Surf en Côte d’Ivoire : la structuration s’accélère pour exploiter le potentiel

Le surf ivoirien ne veut plus se contenter d’initiatives isolées. La Fédération ivoirienne de surf, créée en 2010, est restée longtemps en sommeil. Mais depuis sa restructuration en 2024, elle multiplie les démarches pour obtenir une reconnaissance officielle des autorités. Une étape clé pour financer les compétitions, équiper les écoles et accompagner les jeunes talents vers le haut niveau.

Les atouts naturels, eux, plaident en faveur du pays. Avec 570 kilomètres de littoral, la Côte d’Ivoire possède des spots parfois comparés à Bali. L’Africa Surf Tour, qui s’est arrêté à Assinie, a prouvé que la discipline pouvait rassembler les foules et attirer l’attention du continent tout entier.

Mais tu te doutes bien que tout reste à faire. Le manque de savoir-nager demeure un frein énorme, et le matériel reste un luxe pour beaucoup. Sur la plage, tu vois des gamins se battre pour monter sur une vieille planche fissurée. Peu importe. Ce qui compte, c’est la passion qui brûle dans leurs yeux.

Si tu tends l’oreille à Assouindé, tu entendras parler de Rokia et de tous ceux qui, comme elle, ont décidé de dompter leurs peurs. Ils rêvent de compétitions, de gloire et de voyages. Et ils espèrent bien prouver que le surf ivoirien mérite sa place sous les projecteurs. La vague, elle, est déjà là. Il ne manque plus que le monde pour la regarder défiler.

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